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     L'hiver des Cavalier king Charles

     

    Hiver

    La grande plaine est blanche, immobile et sans voix.

    Pas un bruit, pas un son; toute vie est éteinte.

    Mais on entend parfois, comme une morne plainte,

    Quelque chien sans abri qui hurle au coin d'un bois.

    Plus de chansons dans l'air, sous nos pieds plus de chaumes.

    L'hiver s'est abattu sur toute floraison;

    Des arbres dépouillés dressent à l'horizon

    Leurs squelettes blanchis ainsi que des fantômes.

    La lune est large et pâle et semble se hâter.

    On dirait qu'elle a froid dans le grand ciel austère.

    De son morne regard elle parcourt la terre,

    Et, voyant tout désert, s'empresse à nous quitter.

    Et froids tombent sur nous les rayons qu'elle darde,

    Fantastiques lueurs qu'elle s'en va semant;

    Et la neige s'éclaire au loin, sinistrement,

    Aux étranges reflets de la clarté blafarde.

    Oh ! la terrible nuit pour les petits oiseaux !

    Un vent glacé frissonne et court par les allées;

    Eux, n'ayant plus l'asile ombragé des berceaux,

    Ne peuvent pas dormir sur leurs pattes gelées.

    Dans les grands arbres nus que couvre le verglas

    Ils sont là, tout tremblants, sans rien qui les protège;

    De leur œil inquiet ils regardent la neige,

    Attendant jusqu'au jour la nuit qui ne vient pas.

     

    Guy de Maupassant.

     

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  •  La petite fille

    Il a neigé

    Il a neigé dans l'aube rose

    Si doucement neigé,

    Que le chaton croit rêver.

    C'est à peine s'il ose Marcher.

    Il a neigé dans l'aube rose

    Si doucement neigé,

    Que les choses Semblent avoir changé.

    Et le chaton noir n'ose

    S'aventurer dans le verger,

    Se sentant soudain étranger

    À cette blancheur où se posent,

    Comme pour le narguer,

    Des moineaux effrontés.

    Maurice Carême.

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  • Les Licornes

    Soir d'Hiver

    Ah! comme la neige a neigé!

    Ma vitre est un jardin de givre.

    Ah! comme la neige a neigé!

    Qu’est-ce que le spasme de vivre

    A la douleur que j’ai, que j’ai.

    Tous les étangs gisent gelés,

    Mon âme est noire!

    Où-vis-je? où vais-je?

    Tous ses espoirs gisent gelés:

    Je suis la nouvelle Norvège

    D’où les blonds ciels s’en sont allés.

    Pleurez, oiseaux de février,

    Au sinistre frisson des choses,

    Pleurez oiseaux de février,

    Pleurez mes pleurs, pleurez mes roses,

    Aux branches du genévrier.

    Ah! comme la neige a neigé!

    Ma vitre est un jardin de givre.

    Ah! comme la neige a neigé!

    Qu’est-ce que le spasme de vivre

    A tout l’ennui que j’ai, que j’ai…

     

    Emile Nelligan.

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